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Hauteclaire, Barbey et moi... |
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March 01 Lazare au pays des PuritainsAprès des mois d'absence, me voici de retour avec un roman publié chez Panama, La Messagère de l'au-delà. L'éditeur le destine explicitement aux adolescents, mais de fait, la construction intelligente et l'écriture, simple mais pas simpliste, en font un texte agréable pour leurs aînés. S'appuyant sur des faits relatés dans plusieurs textes de l'époque, Mary Hooper brode autour de l'histoire de la jeune Anne Green, reconstruisant les dialogues et inventant des personnalités autour des noms. Anne est une toute jeune femme d'une grande beauté, servante dans la maisonnée d'un lord de premier plan, Sir Thomas Reade. Son charme attire l'attention des hommes, et tout particulièrement celle du petit-fils de son maître, Geoffrey, lequel n'aura de cesse de la faire céder à ses avances. Victime d'une fausse-couche, elle se trouve contrainte de révéler ce secret, provoquant alors les foudres de Sir Thomas, qui la fera accuser d'infanticide et condamner à la pendaison. L'histoire, mêlant critique sociale et regard historique, pourrait s'arrêter là, mais il se trouve que nous sommes dans l'Angleterre puritaine des années 1650, dans la région d'Oxford, et que les médecin de ce temps ont le droit de récupérer quelques cadavres de condamnés chaque année pour les disséquer et avancer ainsi dans la connaissance médicale. Or, Anne fait partie de ces corps... et, au moment où l'opération va débuter, donne des signes évidents de vie. Ressuscitée, elle fera le tour de l'Angleterre, racontant son histoire, devenant une célébrité, presque une sainte. Sur ces faits, Mary Hooper a construit un roman en deux parties. Dans la première, l'alternance des narrateurs d'un chapitre à l'autre, entre Anne, encore inerte mais dont la conscience réaffleure, attentive à ses sensations mais incapable de les maîtriser, ni même de savoir où elle est, et revenant sur les faits qui l'ont amenée à cet étrange état, et le narrateur omniscient qui décrit ce qu'il se passe dans la salle d'autopsie, crée une tension tragique intéressante : Anne nous attache à son personnage, alors même que l'on se demande si elle va finir par être disséquée vivante... si d'ailleurs elle est réellement vivante. La seconde partie, revenant à une simple narration externe, pose en quelques pages la conclusion de cette étonnante histoire. Ce roman montre une fois encore, s'il en était besoin, que loin d'être une sous-littérature, le roman "pour adolescents" recèle souvent des pépites d'une grande originalité et d'un style convenable. October 06 Retour au pays du rêve...Ouhla, voilà plus d'un mois que je n'ai posté... Ce que c'est que de lire une tétralogie massive en langue étrangère : ça ne vous donne pas beaucoup d'occasions de communiquer sur vos lectures du moment
A défaut de romans, donc (je suis dans le dernier tome : le billet est pour bientôt, c'est promis), ce sera encore du manga, aujourd'hui. Et pour revenir à un de mes auteurs fétiches, plus précisément le dernier Kim Dong-hwa, La mal-aimée. Comme toujours, c'est avec une grâce bouleversante que ce grand monsieur du 9e Art nous offre onze petits joyaux ciselés dans la poésie du quotidien, dans tout ce qu'elle a de beau et de dur. Nous retrouvons avec bonheur la Corée rurale qu'il se plaît tant à observer, et dont il décrit avec un amour nostalgique et amusé les vies et les heures. Son trait extrêmement épuré est ici mis en contre-point de pages plus chargées et détaillées qui ouvrent (et parfois ferment) chacune de ces nouvelles et où s'exprime pleinement ses qualités graphiques (d'autant que certaines sont en couleur, permettant ainsi de découvrir un art consommé de la peinture).
A côté de ce nouveau chef-d'oeuvre d'un auteur très attachant, une autre découverte m'a particulièrement touchée ces derniers jours : Un drôle de père de Unita Yumi. L'histoire d'un trentenaire un peu coincé, un peu looser, qui à l'enterrement de son grand-père se découvre (en même temps que le reste de sa famille) une tante de 6 ans... Les choses étant ce qu'elles sont, et les grandes familles aussi, le voilà promu père par procuration, sur un coup de tête. Commence pour le jeune homme et la petite fille une nouvelle vie, avec ses petites difficultés et ses immenses bonheurs. Cette série est plus que prometteuse, du fait de son originalité tant scénaristique que graphique. Les personnages sont attachants, les scènes parfois très réalistes, parfois un peu plus farfelues (comme la vie, finalement). Espérons que la suite tiendra ces promesses...
August 31 Le manga est décidément plein de pépitesLa série Honey & Clover vient de prendre fin, mais j'en suis fan depuis le tout premier tome... Voici donc achevé le 10e, et ce n'est pas sans une pointe de nostalgie que je quitte l'univers à la fois tendre, féérique et âpre de ces jeunes gens qui basculent dans le monde des adultes.
Honey & Clover, c'est avant tout une très belle histoire d'amitié, entre une bande d'étudiants en arts, plus ou moins sans le sou (certains très franchement et d'autres très franchement pas), deux filles et trois garçons, et un des professeurs de leur école, qui se trouve être le cousin d'une des deux jeunes filles. Honey & Clover, c'est aussi toute la complexité des relations entre hommes et femmes, la frontière parfois si ténue entre l'amitié et l'amour, entre la souffrance et le bonheur, entre le néant et la vie. Honey & Clover, c'est surtout et avant tout l'histoire d'une naissance... mais ça, c'est le tome 10 qui vous l'apprendra Comme pour les oeuvres de Shin Takahashi, le dessin peut paraître rebutant au départ, par son aspect brouillon (les crayonnés restent très présents, le trait n'est pas net, il y a profusion de détails), mais reflète en réalité avec beaucoup de justesse et de poésie cette période de flottement intérieur, de doute, d'incertitude... C'est réellement une oeuvre à ne manquer sous aucun prétexte, que l'on soit fille ou garçon, que l'on soit jeune ou vieux : pour moi ce n'est pas un shojo, une bluette sentimentale comme il y en a tant pour réveiller en nous les sensations des petites filles que nous avons été. Non, Honey & Clover, c'est bien plus que cela : c'est la vie, saisie dans toute sa grâce et sa fragilité... PS à ceux d'entre vous qui me connaissent par ailleurs : eh oui, ce n'est presque qu'un copié / collé de mon commentaire forumeux, mais que voulez-vous, à une heure si tardive, je n'ai plus les neurones pour réécrire un autre billet aussi dythirambique sur le même sujet
August 06 Sarance, suite et finIl m'aura fallu du temps (et surtout le loisir des vacances) pour venir à bout des 700 pages du tome 2 de La Mosaïque de Sarance, mais quelle merveille... Voilà un plaisir littéraire qui ne se boude pas.
C'est avec sa verve et son talent d'écriture habituels que Kay nous plonge dans les intrigues de palais, la vision vertigineuse des artistes, l'ambiguïté de l'entre-deux-mondes, la fièvre éblouissante de l'Hippodrome... On suit avec ferveur et délice les destins qui s'entremêlent ou s'entrechoquent, ceux qui se nouent et ceux qui s'achèvent. La maîtrise absolue qu'a Kay de son art nous tient en haleine tout au long de ce roman dense et épais, à la fin aussi parfaite et évidente qu'inattendue jusqu'au moment où on la découvre...
Encore un chef-d'oeuvre de l'incontestable maître de la Fantasy historique. July 13 La ronde des TziganesPoint de littérature aujourd'hui, mais une petite excursion en pays Zingaro. Les fantastiques cavaliers ayant planté leur chapiteau dans notre beau pays lyonnais pour les Nuits de Fourvières, j'ai donc pu profiter hier soir de leur magnifique spectacle Battuta. Rien à voir avec la grâce toute en puissance contenue de Triptyk, que j'avais vu à Aubervilliers il y a... bien longtemps. Place ici à la démesure, à la folie, à l'enthousiasme, soutenus par les rythmes endiablés des cordes et des cuivres tsiganes. 1h30 de galopades incessantes, de facéties clownesques, de voltige de haut niveau, de courses endiablées. On est pris dans un tourbillon de couleurs, d'odeurs, de bruits et de fureur, mais aussi de rires. L'assemblée des spectateurs ne s'y est pas trompée, qui a passé presque tout le spectacle à battre des mains en rythme et à acclamer les cavaliers à chaque nouvelle prouesse.
Que du bonheur :) A quand la suite ? June 21 Amours vampiresVoici donc achevé le premier tome, Twilight (dans sa traduction française : Fascination) d'une série fantastique destinée aux adolescent(e)s, mais qui n'a que peu à envier aux grandes. Stephenie Meyer pourrait sans peine faire de l'ombre à Anne Rice, au moins auprès du public ado, tant son scénario est intelligent. Ici, pas de quête des origines ou de rivalités métaphysiques entre les non-morts... Juste une histoire d'amour, aussi évidente que complexe, entre un vampire et une humaine, et tout ce qu'elle implique de renoncements et de choix.
On tient là un roman où la portée symbolique du fantastique, sublimation fantasmatique des peurs adolescentes, est parfaitement mise en scène, cristalisée autour de l'étrangeté des deux jeunes gens. On se laisse bien volontiers happer dans leurs doutes et leurs atermoiements, dans leurs mésaventures aussi...
Je n'ai plus qu'une hâte : mettre la main sur la suite pour savoir comment tout cela se termine... June 05 Le Dit de MurakamiAaaah, Murakami Haruka !!! Il devrait être érigé au statut de dieu vivant de la littérature, je vous le dis comme je le pense...
Voici donc avalées les quelques 200 pages du Passage de la nuit. Comme toujours, c'est subtil, poétique, très légèrement décalé... Au fil des pages et des heures qui s'égrènent, nous suivons quelques vies nocturnes tokyoïtes. Ici, une jeune fille qui refuse de rentrer dormir chez elle et préfère passer la nuit à lire dans les restaurants et les cafés, là une tenancière de love hotel, ancienne catcheuse et vraie gentille, ailleurs un salary man egocentré et violent, ou encore un jeune joueur de trombone, lunaire et pourtant si perspicace... Les trajectoires se frôlent ou se croisent. Au milieu de la nuit, la frontière entre le réel et le fantastique s'abolit presque, par le biais d'une télé qui fonctionne sans électricité ou d'un reflet qui s'attarde dans le miroir bien après le départ de celui qui s'y contemplait...
Petite pépite :
"Tu sais, nos vies ne sont pas découpées simplement en "sombre" et "lumineux". Il y a une zone intermédiaire qui s'appelle "clair-obscur". La saine intelligence consiste à en distinguer les nuances, à les comprendre. Et, pour acquérir cette saine intelligence, il faut pas mal de temps et d'efforts."
Nobélisable, le Murakami, puisqu'on ne cesse de vous le répéter ;) May 29 Avissse à la populaciònUn petit tour sur mes statistique aujourd'hui m'a fait constater un certain intérêt de votre part. Alors en tout premier lieu, je tiens à remercier mes lecteurs assidus : ça fait plaisir de ne pas prêcher dans le vide
En revanche, si je suis une grande bavarde et si j'aime beaucoup parler de ce qui me plaît, j'aime aussi beaucoup la conversation. Alors surtout, n'hésitez pas à commenter, en bien, en mal, juste pour dire bonjour... Bref, je n'ai rien contre l'idée que ce blog devienne un lieu d'échange, bien au contraire
Bonnes lectures à tous. May 28 Road movie byzantinMe voici donc au bout du premier tome de l'énorme Mosaïque de Sarance (quelques 1 200 pages en tout, en cumulant les deux volumes). Arrêt d'étape donc, pour me rappeler au bon souvenir de mes lecteurs.
Première impression (mais je ne vois pas bien ce qui pourrait l'infirmer, nous parlons de Kay, là, tout de même
Je n'en dis pas plus pour le moment, nous y reviendrons, après divers intermèdes, dans quelques temps, une fois l'oeuvre entièrement dévorée et digérée !!! D'ici-là, du Murakami, indubitablement, probablement quelques mangas (le tome 3 d'Hotel Africa va-t-il enfin paraître la semaine prochaine, après 18 mois d'attente ?) et sans doute quelques pépites de L'Atalante avec la complicité de mon ami S. April 27 Souvenirs d'amourDans l'alternance texte / graphisme, aujourd'hui, c'est au tour du graphisme... Place donc à ce manhwa (pour les néophytes, comprendre : BD coréenne) très réussi.
Je l'ai déjà dit par ailleurs, je suis très sensible à la finesse et à la poésie qui se dégagent généralement de la BD coréenne, souvent plus subtile que la BD japonaise. Voilà donc un petit bijou en deux tomes qui ne déroge pas à la règle... Le trait est net et fin, assez proche de celui d'un Taniguchi, la couleur en plus. Le travail de la couleur, justement, est intéressant, la palette étant généralement douce, avec quelques flamboyances spasmodiques, et parfois l'utilisation du pastel, pour l'évocation des souvenirs...
L'histoire, surtout, est bouleversante. Comment l'aborder sans la déflorer ??? Contentons-nous de dire que nous y suivrons les relations des quatre personnages principaux, dont l'un a disparu, laissant sa compagne totalement anéantie. On est ici dans les blessures de l'amour, mais aussi dans sa beauté, qui le rend si terrible, une fois qu'on la perdu...
Si le premier tome peut laisser une impression mitigée, il faut lire l'ensemble pour pouvoir réellement juger de l'oeuvre, le second tome éclairant un certain nombre de points qui paraissaient anecdotiques...
Pas de mise en image cette fois-ci, les seules que j'ai pu trouver étant minuscules et ne rendant pas justice à la beauté de l'oeuvre... Vous voilà obligés de filer chez votre libraire préféré pour vous faire une idée |
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